L’acceptabilité sociale : jusqu’où sommes-nous prêts à aller, pour être accepté socialement?

Deux tendances s’affrontent, la collectivité versus l’individualité. La pandémie nous ayant forcé à vivre l’isolement sociale par plusieurs confinements, beaucoup d’entre nous avons compris l’importance d’une vie sociale saine, l’importance d’être bien entouré. Ce qui a amené des autorités de toutes sortes de catégories, des personnalités publique et des entreprises à encourager les gens à faire des choses collectives et à applaudir les actions collectives.





C'est bien, ça vient d’une bonne intention. Mais, si cela amène à stigmatiser des individus qui veulent faire des choses individuels, là je ne suis pas d’accord! C’est vrai, l’humain est un être social. Mais certains individus aiment faire des choses de façon individuel : travailleur autonome, activité individuelle, vivre une vie de célibat, etc. Et c’est ben correct, comme on dit en bon québécois! Tout le monde n’est pas obligé de rentrer dans le même moule. Nous sommes par nature différents les uns les autres et cela implique que l’autre peut et a le droit de penser différemment de soi. De plus, des personnes plus solitaires, ne sont pas nécessairement plus égoïstes. Oh que non! Ce sont souvent des personnes qui sont prêt à aider les autres et à collaborer quand ils en voient la nécessité.

« Tout le monde n’est pas obligé de rentrer dans le même moule. Nous sommes par nature différents les uns les autres et cela implique que l’autre peut et a le droit de penser différemment de soi. »

Je voulais d’autre part, mettre en garde sur le phénomène de l’acceptabilité sociale. Il est bien d’essayer de se conformer à l’opinion de la majorité, pour se faire accepter par elle et pour ne pas avoir de problème. Mais lorsque ta conscience attire ton attention sur le bien-fondé d’un acte collectif, il vaut mieux l’écouter. Car quelquefois, la majorité a tort…Eh oui! Exemple de cas: les Allemands nazis de l’époque d’Hitler. La majorité des Allemands, sous l’influence d’Hitler et sa clique, était persuadé du bien-fondé de l’aryanisme…Autre exemple plus parlant, le phénomène du conformisme, découvert en psychologie sociale, qui est la tendance d’un être humain à conformer son jugement à celle du groupe lorsque son jugement entre en conflit avec celui du groupe, même si le groupe a tort! Effectivement, le psychologue Solomon Ash (1907-1996), a réalisé une étude dans les années 50 pour mesurer l’effet de la pression social sur le comportement. Et cela a donné des résultats surprenants!

L’effet Ash : Chaque participant était invité à prendre place dans une salle pour ‘’participer’’ à une expérience de perception visuelle. Mais en réalité, c’était une excuse.

Dans la salle, il y’avait déjà sept autres personnes qui étaient des complices de l'expérimentateur. On avait fait en sorte que le participant soit le dernier à répondre aux questions posées.

Deux images étaient présentées au participant : une première avec une seule ligne, et une deuxième avec 3 lignes. Il devait indiquer laquelle des 3 lignes était de la même longueur que la première. La bonne réponse était facile.

Au début de l’expérience, les complices donnaient la bonne réponse, et les participants faisant de même dans plus de 99 % des cas.

Mais plus l’expérience avançait, plus les complices donnaient unanimement une mauvaise réponse. Et là, on se rendait compte, que le taux de mauvaises réponses de la part des participants augmentait d’environ 30 %!

Ainsi, sans qu'ils y aient été forcé, les gens avaient tendance à se conformer à la majorité malgré le fait qu’ils avaient en réalité une opinion différente!

Cette expérience a été répétée plusieurs fois avec différentes variations pour déterminer l'influence de différents facteurs : le nombre de complices, le niveau de naïveté des participants, la difficulté ou l'ambiguïté de la tâche, l’origine culturelle, la personnalité, le sexe de la personne, etc. Et à chaque fois, les résultats prouvaient l’effet Ash!

Conclusion, il y a un dicton qui dit ‘’plus ça change, plus c’est pareil’’. Nous ne sommes pas très différents de nos prédécesseurs, de nos ancêtres. Cependant, une fois que l’information nous a été donnée, nous avons le choix de changer de comportement. Alors, il me semble qu'il serait bien d'écouter sa conscience, avant de suivre la majorité dans n'importe quelle ‘’acte collectif’’.

Mariétou Diarra

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