L'avenir du Parti conservateur du Canada



Lors des deux dernières élections fédérales canadiennes, le parti conservateur du Canada (PCC) n’a pas réussi à déloger Justin Trudeau et son gouvernement. Le parti est-il condamné à rester l’opposition pour des années à venir?

« Red Tory » ou « Blue Tory »?


Tout d’abord, il est important de connaitre l’histoire de ce parti politique ainsi que de l’histoire politique canadienne en général pour comprendre ce qu’est le PCC. Le Canada t-elle qu’on le connaît prend forme par la confédération de 1867 : il s’agit d’unifier le pays et de permettre d’identifier les champs de compétence du fédéral, des provinces et territoires et des villes. Le pays se libéralise davantage avec le rapatriement de la constitution un siècle plus tard, en 1982. En somme, les Canadiens ont toujours été de nature libéral tant au niveau politique que sociologique.


Le PCC naît de la fusion du parti progressiste-conservateur (« Red Tory ») et de l’Alliance canadienne (« Blue Tory ») en 2003. Ces deux visions conservatrices sont extrêmement opposées. Vous avez, d’un côté, des individus qui sont davantage progressiste, voire libéraux et d’un autre côté, des personnes plus de droite avec des idées conservatrices qui ne sont pas connectées avec la réalité sociologique du pays. Stephen Harper qui était le chef de l’Alliance canadienne à toutefois prit le pouvoir en 2006 jusqu’à sa défaite en 2015.


« Le Parti conservateur du Canada doit aussi trouver un nouveau chef qui aura une notoriété charismatique, bilingue et rassembleur qui n’a pas peur de défendre la vision de l'unité canadienne »

Scheer, O’Toole, … qui sera le prochain chef?


Après deux défaites électorales et deux chefs rejetés par les membres du PCC, qui sera le prochain chef qui sera unifier le parti avant tout? Il est impossible politiquement de gouverner un pays si les fondements d’un parti politique sont remis en cause par ses propres membres. Il faut en effet un leader charismatique qui sera capable d’affirmer des positions claires, sans tabous et être fier de son parti pour gagner des cartes de membres, car il faut avant tout avoir le soutien de ses membres pour briller en politique. Ce sont en effet les membres qui cognent aux portes, discutent et partagent les idées d’un parti politique. De plus, il est impératif que le prochain chef conservateur soit bilingue, car le Québec et les électeurs francophones peuvent jouer un rôle important à la prochaine élection fédérale.

Jean Charest (image : Radio-Canada)


Le nom de Jean Charest, ancien Premier ministre du Québec au Parti libéral du Québec ainsi qu’ancien chef du Parti progressiste-conservateur du Canada (« Red Tory ») refait surface car il comble tous les aspects nommés ci-haut. En effet, cet homme politique « libéral » connaît bien les enjeux politiques des provinces et il pourrait percer dans les intentions de votes conservateurs dans l’est du pays. Il a aussi un talent orateur et unificateur comme Justin Trudeau.

Pierre Poilièvre (Image : Radio-Canada)


Pierre Poilièvre est aussi dans la course pour devenir chef du PCC. Ce Franco-Saskatchewanais a de l’expérience en tant que ministre sous le gouvernement Harper. Il connaît donc bien la politique canadienne et il est parfaitement bilingue. Il représente aussi une partie des membres plus à droite du PCC (Blue Tory).

L’est du pays a-t-il abandonné le parti conservateur?


En général, l’est vote à gauche : il est davantage libéral et progressiste. Toutefois, Harper était un intellectuel de droite et un homme politique rassembleur : il avait réussi à élire plusieurs députés dans des circonscriptions torontoises en 2006 et il avait le soutien de plusieurs communautés immigrantes. Mais lors des deux dernières élections fédérales, le PCC n’a obtenu que 33,2% des voix en Ontario et 16% des voix au Québec en 2019 avec Scheer et 35% des voix en Ontario et 18,6% des voix au Québec avec O’Toole. Il y a une légère montée des votes mais elle n'est pas significative. Il est donc important d’avoir un chef avec une grande visibilité et d’un charisme extravagant pour débattre contre Justin Trudeau et son gouvernement à la prochaine élection fédérale.


« Il faut aussi souligner qu’en contexte de crise sanitaire, la population était moins enclins à changer radicalement le pouvoir.»

La priorité des Canadiens


Selon le sondage Léger de la dernière élection fédérale en 2019, les principales priorités des Canadiens étaient le coût de la vie et l’inflation (13,5%), l’augmentation du financement de la santé (11,5%), la reprise économique post-pandémique (10,9%), la gestion de la pandémie (10,1%) et les impôts (8,5%). En sommes, ce sont tous des thèmes que le Parti libéral du Canada prône avec fermeté et férocité ; le PCC n’avait pas, lors de la dernière campagne, réussi à imposer leurs arguments face au gouvernement Trudeau et à créer une véritable alternative. Il faut aussi souligner qu’en contexte de crise sanitaire, la population était moins enclins à changer radicalement le pouvoir.



Les conservateurs sur la bonne route?


En résumé, le parti conservateur du Canada est un parti qui a un lourd défi politique. D’une part, il doit absolument faire la paix avec son passé et rebâtir sa force conservatrice avec une nouvelle génération. Le Parti conservateur du Canada doit aussi trouver un nouveau chef qui aura une notoriété charismatique, bilingue et rassembleur qui n’a pas peur de défendre la vision de l'unité canadienne. L'organisation politique doit aussi se rapprocher des Canadiens, de la réalité et d’imposer ses arguments politiques lors de la prochaine campagne électorale. Si le parti ne se rebâtit pas, il sera condamné à rester dans l’opposition.

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